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Yahya Jammeh conteste sa défaite aux élections

Dans une allocution télévisée et radiophonique, le président gambien Yahya Jammeh a décidé de contester la victoire de son adversaire Adama Barrow aux élections présidentielles.

L’ensemble des connexions internet a été coupé.

Durant 27 minutes, le président sortant a déclaré que les élections « ont été truquées » et a appelé à de nouvelles élections « dirigée et présidé par des personnes qui craignent Dieu ».

Son intervention publique a eu lieu quelques heures après la toute première du président élu Adama Barrow qui appelait à la réconciliation et au respect des droits de l’Homme les plus fondamentaux dans le pays.

Le président élu Adama Barrow s’est exprimé dans la soirée sur la chaîne de télévision privée sénégalaise TFM :  » Ce n’est pas à Yaya Jammeh de contester les résultats mais à la commission qui a mené à bien la tenue de ces élections et qui a permis le décompte des voix concluant à notre victoire. » Pour lui, les résultats sont « clairs et incontestables ».

Il a ajouté que depuis sa victoire officielle, il n’a eu accès à aucun média, pas même la télévision nationale gambienne sans qu’aucune explication ne lui soit donnée.

D’après nos informations, la CEDEAO se prépare à envoyer un certain nombre de chef d’Etats membres à Banjul, la capitale, ce samedi.

L’armée a été déployée à des endroits stratégiques de la capitale.

Le ministre des affaires étrangères du Sénégal, Mankeur N’diaye s’est exprimé en direct à la télévision sénégalaise en mettant en garde le président sortant Yahya Jammeh contre « toute tentative d’atteinte à la souveraineté du peuple gambien ».

L’activiste des Droits de l’Homme Fatou Jagne Senghor s’est exprimé depuis Banjul et à fait part de la préoccupation des gambiens quant à leur sécurité et quant à d’éventuelles arrestations en masse.

Source: BBC Afrique

 

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Révélation Snowden : l’Afrique et les télécoms sous surveillance massive

Grâce à un partenariat exclusif avec le site d’information « The Intercept », « Le Monde » a pu travailler sur les archives Snowden et en extrait de nouvelles révélations.

Les documents des archives Snowden, fournies par l’ancien consultant de la NSA à Glenn Greenwald et Laura Poitras et consultés par Le Monde en collaboration avec The Intercept montrent notamment que, loin de se consacrer exclusivement à la traque des organisations terroristes, les services de renseignement britanniques et américains consacrent une large part de leurs ressources à l’espionnage économique et diplomatique. Et bénéficient pour ce faire d’un gigantesque réseau de surveillance électronique, qui s’appuie aussi, en Afrique, sur d’importants moyens de surveillance des communciations par satellite.

L’Afrique sous surveillance satellitaire

Le Monde a pu constater que la surveillance des flux satellitaires, que l’on pensait quelque peu délaissée par le monde du renseignement au profit des câbles sous-marins, demeure une source d’information de premier choix. Près d’une centaine de relevés d’interceptions du GCHQ britannique révèlent que le continent africain est largement visé par des interceptions satellitaires.

Le vaste système de collectes d’informations des services américains et britanniques est très loin de se limiter aux groupes armés et terroristes : dans une vingtaine de pays, ce sont les élites politiques, militaires et économiques africaines qui sont ciblées. Sans oublier, bien sûr, leurs représentations diplomatiques, et celles d’autres pays sur place – dont des abassadeurs français.

Depuis les organisations non-gouvernementales comme Médecins sans frontières, jusqu’aux cadres des Nations Unies, les documents du GCHQ montrent que les collectes massives des services de renseigenement visent aussi – surtout ? – la protection d’intérêts diplomatiques ou commerciaux. En RDC, objet d’une collecte abondante, ce sont avant tout les ressources minières qui préoccupent les espions britanniques.

La chasse aux secrets des techniciens des opérateurs télécoms

Pour protéger, améliorer et maintenir leur système de collecte de données, les espions britanniques et américains visent tout particulièrement les techniciens travaillant chez les opérateurs. A commencer par les spécialistes du roaming, la technologie permettant de passer des appels sur mobile depuis l’étranger.

Mais cette collecte ne se limite pas aux techniciens spécialisés : en France, le PDG d’OVH, le plus grand hébergeur de sites Web d’Europe, a été directement visé par les services de renseignement.

Source : Le Monde

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Burkina Faso : 90 personnes ont été inculpées pour le putsch manqué du général Diendéré

Face à la presse, jeudi, le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, Alioune Zanré, a fait le point de l’enquête sur le coup d’État manqué de mi-septembre 2015 du général Gilbert Diendéré. Au total, 90 personnes parmi lesquelles 10 civils ont été inculpées pour leur implication présumée. Le procès n’est toutefois pas attendu avant mars 2017.

Depuis l’ouverture de l’enquête judiciaire sur la tentative de coup d’État de septembre 2015 du général Diendéré et de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP), la justice militaire a inculpé 90 personnes. Parmi ces dernières, 39 sont actuellement détenues à la Maison d’arrêt et de correction des armées (Maca), a déclaré le commissaire du gouvernement près du tribunal militaire, le commandant Alioune Zanré, jeudi 8 décembre. Il a toutefois précisé que la première audience du procès n’était pas prévue avant mars 2017.

Parmi les personnes détenues, on note en premier lieu le général Diendéré, poursuivi pour crime contre l’humanité, attentat à la sûreté de l’État et haute trahison. La plupart des autres personnes inculpées sont d’anciens militaires du RSP, la garde prétorienne de Blaise Compaoré, dissoute au lendemain de l’échec du putsch. Autre figure majeure des détenus : le général Djibrill Bassolé, ex-ministre des Affaires étrangères de Compaoré qui est accusé de complicité avec les putschistes et, entres autres, d’attentat à la sûreté de l’État.

Parmi la dizaine de civils également poursuivis pour complicité figurent des cadres du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) comme Léonce Koné, 1er vice-président de l’ancien parti présidentiel, ou encore l’homme d’affaires et ancien président du même parti, Eddie Komboigo. Le leader de l’UNDD, Me Hermann Yameogo ou encore les journalistes Adama Ouedraogo dit Damiss et Caroline Yoda sont aussi concernés.

Incidents de procédure

Devant les journalistes, le commandant  Zanré n’a pas occulté les difficultés qui ont émaillé l’enquête sur le putsch. « Le dossier a connu beaucoup d’incidents qui ont ralenti l’instruction », a-t-il déclaré. Parmi ces difficultés figurent la requête pour la levée de l’immunité de Salifou Sawadogo, du CDP, soupçonné de complicité avec les putschistes ou l’extradition par les autorités ivoiriennes le 26 novembre dernier de trois membres de l’ex-RSP.

Il s’agit de l’adjudant Wekouri Kosse, des sergents-chefs Mohamed Zerbo et Roger Koussoubé dit le Touareg. « Ces éléments sont impliqués dans le putsch et le juge s’affaire à les entendre ». C’est aussi le cas des auteurs présumés de l’attaque du pont Nazinon le 8 octobre dernier. Sur ce dossier qui compte 30 inculpés, les auditions ont montré que certains étaient vraisemblablement fortement impliqués dans le putsch.

Premier procès connexe le 20 décembre

Dans le cadre du dossier Madi Ouédraogo et de 42 autres militaires poursuivis pour avoir tenté de monter une opération, le 24 décembre 2015, afin de libérer les détenus de la Maca, l’instruction est bouclée. « Au cours de celle-ci, nous avons découvert que certains détenaient des armes et des munitions de guerre. Ils ont été mis en accusation le 2 décembre 2016 et la première audience aura lieu le 20 décembre prochain », a annoncé Alioune Zanré. Et de conclure : « À partir de là, les autres dossiers iront vite. Nous nous attelons à cela ».

Source : Le Monde Afrique

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La Cour de l’ONU autorise la procédure française contre l’Equato-Guinéen Teodorin Obiang

La juridiction internationale place néanmoins l’« ambassade » du pays à Paris sous protection, empêchant toute nouvelle perquisition ou saisie par la justice française.

La procédure engagée par la justice française contre le vice-président de la Guinée équatoriale, Teodoro (surnommé Teodorin) Nguema Obiang Mangue, pourra se poursuivre. Mais l’immeuble du 42 avenue Foch, dans le 16e arrondissement parisien, ne pourra plus être ni perquisitionné, ni saisi. C’est la décision rendue mercredi 7 décembre par la Cour internationale de justice (CIJ), basée à La Haye.

Saisie par Malabo, cette juridiction des Nations unies s’est déclarée incompétente pour suspendre les procédures engagées en France à l’encontre du fils du chef de l’Etat équato-guinéen dans le cadre de l’affaire dite des « biens mal acquis ». En mai, le parquet financier avait renvoyé Teodorin Obiang devant le tribunal correctionnel de Paris pour « blanchiment de corruption », « détournement de fonds publics », « abus de biens sociaux » et « abus de confiance ». Il devrait être jugé à partir du 2 janvier 2017.

Immunité diplomatique

Lors de sa mise en examen en 2014, Teodorin Obiang avait tenté de faire annuler les procédures par la Cour de cassation, affirmant que son statut de vice-président lui donnait l’immunité diplomatique. Le pourvoi avait été rejeté, les magistrats français estimant que les faits reprochés avaient été commis à des fins personnelles, et non en sa qualité de vice-président. La Guinée équatoriale s’était donc tournée vers la Cour internationale de justice en juin, accusant Paris de violer l’immunité diplomatique de son vice-président.

Dans sa décision rendue mercredi, la CIJ ne se prononce pas sur le fond du dossier – la question de l’immunité diplomatique – qui devra être tranché au terme de plusieurs mois de procédure, mais sur une demande urgente de suspension de l’affaire en cours devant la justice française, le temps de permettre à la CIJ de statuer sur l’immunité du vice-président. La CIJ a botté en touche, déclarant ne pas avoir compétence pour ordonner une telle suspension.

Malabo avait aussi demandé à la CIJ de se prononcer sur le statut de l’immeuble du 42 avenue Foch qu’il considère comme son ambassade. Pour la France il s’agit d’« un hôtel particulier privé ». Selon les réquisitions du parquet financier, le bâtiment serait « le fruit de détournement de fonds publics et de corruption ». Les juges de la CIJ ont néanmoins estimé que les locaux, « présentés comme abritant la mission diplomatique de la Guinée équatoriale », sont inviolables. La justice française ne pourra donc plus y conduire de perquisitions ou saisir des biens comme elle l’avait en 2011 et 2012.

Voitures de luxe

De nombreuses voitures de luxe avaient donc été saisies, des tableaux, des costumes de grands couturiers. Si les bâtiments devaient effectivement abriter la mission diplomatique équato-guinéenne, « les activités journalières de cette mission, représentation d’un Etat souverain, couraient le risque d’être sérieusement entravées, du fait par exemple de la présence de policiers ou de la saisie de documents dont certains pourraient être hautement confidentiels », ont expliqué les juges.

Peu après l’audience, l’avocat de la Guinée équatoriale, Jean-Charles Tchikaya, s’est « réjoui que la Cour ait décidé de l’inviolabilité des locaux de l’Etat équato-guinéen ». L’avocat précise ne jamais avoir demandé à la Cour la restitution des biens saisis lors des perquisitions. « Les voitures, les tableaux, les meubles sont du ressort des tribunaux français, et ils n’appartenaient pas à l’Etat mais à une personne », Teodorin Obiang, qui « a ses propres avocats ». Concernant la « question de l’immunité » du vice-président, elle « reste entière », a-t-il ajouté, puisque la Cour internationale de justice ne s’est pas encore prononcée sur le fond.

Source : Le Monde Afrique

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Angola : Dos Santos ne briguera finalement pas de nouveau mandat en 2017

Le président angolais José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis trente-sept ans, ne sera pas candidat à un nouveau mandat à la tête du pays lors des élections générales de 2017, a annoncé vendredi soir la radio officielle.

José Eduardo dos Santos, âgé de 74 ans, va céder sa place à la tête du Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA) à l’actuel ministre de la Défense João Lourenço, a précisé à l’AFP un membre du comité central du parti, João Pinto.

La Constitution angolaise ne prévoit pas de scrutin présidentiel, mais précise que le poste de chef de l’État revient au chef du parti qui remporte les élections législatives.

Suspens savamment entretenu

Lors d’un discours devant son comité central, Dos Santos a officiellement lancé vendredi 2 décembre  la campagne de son parti pour les élections de 2017 sans toutefois y préciser s’il serait candidat à un nouveau mandat. Le communiqué officiel du MPLA publié à l’issue de cette réunion n’a pas non plus évoqué sa succession, mais à l’issue de sa lecture, la radio nationale a mis fin au suspens en précisant – et en citant des sources internes au parti- que l’actuel ministre de la Défense avait été désigné pour lui succéder.

Dans la foulée, João Pinto a confirmé à l’AFP  que « le président José Eduardo dos Santos ne sera pas candidat » à sa succession à la tête du pays. Le nom de João Lourenço, qui avait été nommé vice-président du MPLA en août, sera officiellement dévoilé lors du 60e anniversaire du parti le 10 décembre, selon cet élu.

Rumeurs sur la santé du président

Le chef de l’État avait été réélu en août à la tête du MPLA. Il avait semé le trouble en affirmant en mars qu’il quitterait le pouvoir en 2018, un an après les prochaines élections.

Mais depuis plusieurs semaines, l’Angola bruissait de rumeurs sur l’état de santé du président, qui laissaient entendre qu’il s’apprêtait à prendre sa retraite politique.

Source : Jeune Afrique

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Gambie : qui est Adama Barrow, l’homme qui a réussi à faire tomber Yahya Jammeh ?

Déclaré vainqueur à l’issue de l’élection présidentielle du 1er décembre, le magnat de l’immobilier gambien, désigné candidat de l’opposition en octobre après l’arrestation de son leader historique Ousainou Darboe, met un terme aux 22 ans de règne de Jammeh.

Avec Yahya Jammeh, candidat à sa propre succession pour un cinquième mandat, l’issue du scrutin présidentiel à un tour était a priori connue d’avance. Les commentateurs étaient presque tous unanimes : l’homme d’affaires Adama Barrow, 51 ans, candidat de l’opposition unie devait se contenter de tenir le rôle de figurant.

Pourtant c’est bien lui qui a remporté l’élection présidentielle du 1er décembre face à Yahya Jammeh, au pouvoir depuis 1994 après un coup d’État. Selon le décompte de la commission électorale indépendante fourni en début d’après-midi vendredi, Adama Barrow a recueilli 263 515 voix contre 212 099 pour Yahya Jammeh.

Agent de sécurité à Londres dans les années 2000

Né en 1965 à Mankamang Kunda, un petit village à quelques kilomètres de Basse Santu – à l’extrême ouest de la Gambie – Adama Barrow obtient une bourse pour suivre ses études dans une école secondaire islamique. Il travaille pour  la compagnie Alhagie Musa & Sons pendant plusieurs années avant de briguer le poste de directeur des ventes. Dans le même temps, en 1996, il rejoint les rangs du Parti démocrate unifié (UDP).

Au début des années 2000, il s’installe à Londres pour suivre une formation en immobilier qu’il finance en travaillant comme agent de sécurité. Après l’obtention de son diplôme, et de retour dans son pays natal, il crée sa propre agence immobilière en 2006, la Majum Real Estate, grâce à laquelle il fera fortune.

Investiture surprise

Si la victoire de Barrow, agent immobilier encore quasi-inconnu du grand public jusqu’à récemment, est inattendue, elle l’est d’autant plus que son investiture à la tête de l’UDP n’était pas prévue.

Depuis 20 ans, le parti était représenté par son chef historique, Ousainou Darboe, avocat engagé dans la défense des droits de l’homme. Mais en avril, alors que ce dernier réclamait la lumière sur la mort de Solo Sandeng, une autre figure de l’opposition, il est arrêté à Banjul en compagnie de plusieurs responsables du parti. En juillet, il est finalement condamné à trois ans de prison ferme par la Haute Cour de Banjul.

À l’issue d’une primaire organisée par l’opposition réunie fin octobre, c’est donc Adama Barrow, alors trésorier du parti, qui devient le candidat unique de l’opposition. « Nous avons mis nos différends de côté dans l’intérêt de ce pays. Les Gambiens sont fatigués par 22 ans de mauvaise gestion de Yahya Jammeh auxquels nous mettrons fin quand nous irons aux urnes », déclare le candidat après sa désignation. Début novembre, alors que l’élection approche, il choisit de démissionner de son poste de trésorier.

Un pays marqué par une « pauvreté multiforme »

Un rapport de l’ONU sur le développement humain publié en 2013 indiquait que 60% de la population en Gambie vit dans un état de « pauvreté multiforme », dont un tiers avec moins de 1,25 dollar par jour.

Si beaucoup de Gambiens quittent leur pays pour des raisons économiques, d’autres fuient également la répression. En juin, Amnesty International déplorait que l’espace déjà très réduit concédé à toute forme de dissidence en Gambie s’était encore rétréci sous l’effet d’une répression accrue.

Source : Jeune Afrique

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Gambie : le jour où Yahya Jammeh a quitté le pouvoir

Au pouvoir depuis 1994, le président gambien tant redouté de ses compatriotes a perdu l’élection présidentielle face à Adama Barrow et immédiatement reconnu sa défaite. Un dénouement inattendu qui ouvre une nouvelle page dans l’histoire de la Gambie.

Les Gambiens s’étaient réveillés des doutes plein la tête. Ils se sont couchés en faisant la fête, heureux, fiers, et libres. Nul doute que beaucoup se souviendront longtemps de ce vendredi 2 décembre 2016. Un jour historique, qui a tiré le rideau sur vingt-deux années d’un régime autoritaire avec lequel une majorité d’entre eux souhaitait en finir. Et qui marquait, comme tous le répétait en boucle, le début d’une « nouvelle Gambie ».

Dès l’annonce des résultats de la présidentielle de la veille, donnant Adama Barrow, le candidat de l’opposition, vainqueur de ce duel à l’issue incertaine face à Yahya Jammeh, ils ont laissé exploser leur joie et leur soulagement. En début d’après-midi, des milliers d’entre eux sont descendus dans les rues de Banjul pour célébrer le départ sans heurts du « big man », ce président tant redouté dont certains avaient peur, il y a seulement quelques semaines, de prononcer le nom en public.

« Nous sommes enfin en démocratie, fini la dictature ! »

Hommes, femmes, et enfants ont rapidement convergé sur l’avenue Kairaba, une des principales artères de la capitale. Jamais, en plus de deux décennies, ils n’avaient connu une telle effervescence populaire. Un renouveau politique et démocratique dans un concert de klaxons et de chants, que beaucoup avaient encore du mal à réaliser.

« C’est comme dans un rêve. Nous sommes libres. Je ne pensais pas que ce jour pourrait arriver », explique Lamine, la vingtaine, qui n’a connu que Jammeh comme président. Même émotion pour Oussainou, qui se disait pourtant convaincu de la victoire de l’opposition. « C’est incroyable. Nous n’avons jamais marché librement comme ça. Nous sommes enfin en démocratie, fini la dictature ! », s’exclamait-il, drapeau gambien autour du cou.

L’apparition du nouveau président élu, debout dans son 4×4, a ensuite déclenché la ferveur de la foule. Sous les cris de « Merci M. le Président », Adama Barrow, 51 ans, inconnu du grand public avant d’être nommé candidat unique de la coalition de l’opposition, ne cachait pas sa satisfaction après sa victoire, dont il a toujours affirmé ne jamais douter.

L’appel de Jammeh à Barrow retransmis à la télévision nationale

Peu après 20h, l’allocution de Yahya Jammeh à la télévision nationale a définitivement confirmé le résultat de cette élection historique. Vêtu de son traditionnel boubou blanc, celui qui était jusqu’alors le maître incontesté et craint de la Gambie a solennellement reconnu sa défaite et félicité son rival. Une posture que personne, ou presque, n’avait envisagé.

« Même si mon opposant l’avait emporté avec un vote d’avance, j’aurais accepté le résultat du scrutin. Je saisis cette occasion pour féliciter M. Adama Barrow pour sa victoire très nette. Je lui souhaite le meilleur et je souhaite le meilleur à tous les Gambiens », a déclaré Jammeh.

S’en est suivi une scène surréaliste : l’appel de félicitations du président sortant à son successeur, aussi retransmis à la télévision. « Le pays sera entre vos mains en janvier et je vous propose mon aide pour la transition, mais vous devez travailler avec moi, le temps que je déménage et que je vous laisse la présidence ». Réponse de Barrow : « Je vous remercie pour tout le travail réalisé pendant 22 ans. Si vous pouvez me donner des conseils, je viendrai vous consulter ». « Merci, mais je vais m’occuper de ma ferme à Kanilaï (son village natal, NDLR) », lui répond Jammeh en souriant.

Un échange improbable, à l’image de cette journée folle.

Source : Jeune Afrique

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CPI : Alassane Ouattara défend l’institution et s’oppose au départ de nouveaux pays africains

À l’issue d’un entretien avec son homologue français François Hollande à Paris, le président ivoirien Alassane Ouattara a déclaré mardi ne « pas souhaiter » que de nouveaux pays africains quittent la Cour pénale internationale (CPI).

Ancien directeur du département Afrique du FMI, Alassane Dramane Ouattara a conservé un grand respect envers les institutions internationales. Depuis le perron de l’Élysée où il était invité par le président français François Hollande, le président ivoirien l’a une nouvelle fois prouvé mardi en s’exprimant en faveur du maintien de la Côte d’Ivoire au sein des États-membres de la Cour Pénale Internationale (CPI) : « La Côte d’Ivoire ne quittera pas la CPI et je pense que la plupart des pays sont dans cette volonté ».

Pas de risque d’effet domino selon ADO

Car au-delà du cas ivoirien, c’est la position des États africains vis-à-vis de la CPI qui pose actuellement question. En effet, trois d’entre eux se sont retirés du statut de Rome, instituant la CPI : l’Afrique du Sud et le Burundi en octobre, avant que la Gambie ne suive le mouvement en novembre. Interrogé par la presse sur la possibilité d’un effet domino après le départ de plusieurs pays africains, le chef de l’État ivoirien a répondu : « Non je ne le pense pas, je ne le souhaite pas ».

« Il s’agit de lutter contre l’impunité, c’est dans notre intérêt », a ajouté Alassane Ouattara. Selon lui, les Africains doivent « commencer par la justice au plan national et si possible ensuite au plan régional et continental mais ce n’est pas le cas aujourd’hui au niveau du continent. Donc la Cour pénale internationale fait son travail, souvent d’ailleurs à la demande des pays africains et des autorités africaines », a-t-il poursuivi.

Le Kenya, la Namibie et l’Ouganda pourraient pourtant suivre le mouvement

Le Kenya, la Namibie et l’Ouganda, grands détracteurs de cette instance, pourraient suivre, selon les experts, alors que le Soudan a lancé fin octobre un appel à tous les pays africains à quitter la juridiction internationale. Fondée en 2002, la CPI a compétence pour les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crimes de génocide commis sur le territoire de ses États membres ou par leurs ressortissants.

Selon Alassane Ouattara, la conversation avec François Hollande a porté sur « la région ouest-africaine, la lutte contre le terrorisme, la situation du continent et les relations internationales » mais aussi sur la politique intérieure française, s’agissant d’une rencontre entre deux « amis ».

Alassane Ouattara a estimé à ce propos que l’ancien président Nicolas Sarkozy avait pris une « décision courageuse » en se retirant de la vie politique française après sa défaite dès le premier tour de la primaire de la droite de dimanche.

Source: Jeune Afrique

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Sénégal : des amis de Lamine Diack se cotisent pour payer sa caution

Un « collectif d’amis » de l’ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme a versé lundi la caution de 500 000 euros exigée par la justice française à Lamine Diack dans le cadre d’une affaire de corruption passive et blanchiment aggravé.

C’est un coup de main qui tombe à pic pour Lamine Diack. L’ancien président de l’IAAF, mis en cause dans une affaire de corruption passive et blanchiment aggravé par la justice française après la découverte de nombreux cas de dopage au sein de l’athlétisme russe, a bénéficié de la générosité d’un « collectif d’amis », comme l’a expliqué sa famille dans un communiqué lundi. Ce cercle proche s’est en effet cotisé pour réunir les 500 000 euros exigés par la justice française pour la caution de l’octogénaire sénégalais.

Des « amis de longue date » très généreux

« Un collectif d’amis de longue date du président Lamine Diack s’est réuni pour apporter un soutien à ce digne fils du Sénégal dans la rude épreuve qu’il traverse présentement. Ils ont conjointement versé la somme réclamée par le parquet national financier français comme caution, soit 500 000 euros », selon le communiqué diffusé par sa famille.

Le texte n’identifie nommément aucun de ces « amis de longue date », mais affirme que le collectif comprend « des anciens internationaux sportifs, des diplomates, des hauts fonctionnaires retraités du service des impôts et domaines, des chefs religieux, des membres de la société civile, des chefs d’entreprise, des sportifs du Sénégal et d’Afrique ».

« Après douze mois d’enquête exhaustive des juges d’instruction français, aucune somme n’a été trouvée dans les avoirs de Lamine Diack, ni à Dakar, ni à Paris, encore moins à Monaco », déclare la famille, dénonçant un « harcèlement ». Le versement de cette caution doit lui permettre d’éviter tout risque de détention provisoire.

Le fils Diack également poursuivi

Outre Lamine Diack, un de ses fils, Papa Massata Diack, qui fut consultant marketing de la Fédération jusqu’en 2014, est poursuivi dans la même affaire, soupçonné d’être l’un des acteurs du système de corruption mis en place pour couvrir les cas de dopage.

Il a été placé par Interpol sur sa liste des personnes les plus recherchées après un mandat d’arrêt émis par la France, en lien avec les poursuites visant son père. Il réside au Sénégal. Papa Massata Diack et son entourage n’ont pas donné suite à ces demandes et s’expriment peu dans la presse.

Dans une rare interview accordée à la radio privée RFM le 22 décembre 2015, Papa Massata Diack s’était dit prêt à répondre à la justice, mais au Sénégal. « Je suis citoyen sénégalais, mais pas citoyen français », avait-il dit. En janvier, le Sénégal avait exclu de l’extrader vers la France.

Source: Jeune Afrique

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Guinée équatoriale : la justice suisse saisit 11 véhicules de luxe de Teodorin Obiang

Le fils du président équato-guinéen et vice-président est poursuivi par le parquet genevois pour « blanchiment d’argent » et « corruption ».

La justice genevoise a annoncé, jeudi 3 novembre, avoir procédé lundi au séquestre de onze véhicules de luxe appartenant à Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale et vice-président. Les autorités suisses soupçonnent de « blanchiment d’argent » et de « corruption ». Les voitures ont été saisies sur le tarmac de l’aéroport de Genève.

Un porte-parole du procureur genevois a annoncé « l’ouverture d’une procédure pénale dirigée contre Teodorin Obiang », confirmant des informations parues dans la revue suisse L’Hebdo. C’est « dans le cadre de cette procédure » que les voitures en question ont été séquestrées, dans la zone fret de l’aéroport de Genève, selon le communiqué. L’enquête se poursuivant, la justice genevoise préfère pour le moment ne faire aucun autre commentaire.

Selon L’Hebdo, on compte parmi les véhicules saisis une Porsche 918 Spider, évaluée à plus de 750 000 euros, une Bugatti Veyron, estimée à 2 millions, ainsi qu’une Koenigsegg One, un bolide suédois fabriqué à seulement sept exemplaires dans le monde – qui vaudrait plusieurs millions euros.

Le magazine avait révélé il y a plusieurs mois « les allées et venues incessantes des avions privés du clan Obiang à Genève » et ce, de janvier 2015 à mars 2016. Pendant cette période, alors que « les autorités américaines et françaises enquêtaient sur lui, Teodorin Obiang gérait ses affaires depuis Genève ».

En effet, la justice française s’intéresse aussi de près à Teodorin Obiang. Accusé de s’être bâti indûment en France un patrimoine considérable, il sera jugé à partir du 2 janvier 2017 à Paris dans l’affaire des « biens mal acquis ». Il y est poursuivi pour « blanchiment d’abus de biens sociaux », « détournement de fonds publics », « abus de confiance » et « corruption ».

Finalement, « après plusieurs demandes d’entraide adressées par la France, le Ministère public genevois a décidé d’ouvrir sa propre enquête », a-t-on appris le 18 octobre dernier. Il semblerait que rapidement après la confirmation de l’ouverture de l’enquête, plusieurs voitures ont été entreposées sur le tarmac. Mais Teodorin Obiang n’a pas réagi assez vite pour parvenir à faire sortir ses voitures du pays.

Source : Le Monde Afrique