Afrique du Sud : le rapport officiel qui accuse Jacob Zuma

Ce document, qui devait être initialement publié le 14 octobre, porte principalement sur des soupçons d’influence de la sulfureuse famille d’hommes d’affaires indienne – les Gupta – sur le président sud-africain, au point de lui imposer la nomination de certains ministres pour favoriser leurs intérêts, ou d’user de leur influence pour décrocher des contrats gouvernementaux.

Bien que le président ait reconnu être proche de la famille Gupta, Jacob Zuma a toujours nié toute influence de leur part dans ses décisions politiques. Dans ce document de 355 pages intitulé « La Prise de contrôle de l’État », la médiatrice de la République Thuli Madonsela, chargée du bon usage des derniers publics, « porte à l’attention du parquet » et de l’unité d’élite de la police « les problèmes identifiés dans ce rapport où il semble que des crimes ont été commis ».

Interrogations sur l’ex-ministre des Finances

La désormais ancienne médiatrice – le mandat de Thuli Madonsela a expiré mi-octobre – juge notamment inquiétant que le député David Van Rooyen se soit rendu à sept reprises chez les Gupta, y compris la veille de sa nomination surprise au ministère des Finances en décembre dernier. « Cela semble anormal compte tenu du fait qu’il était (simplement) membre du Parlement », souligne-t-elle notamment.

Pour rappel, la nomination de Van Rooyen (sans expérience ministérielle) avait provoqué la panique des marchés, plombé la devise nationale, et finalement contraint le président Zuma à faire marche-arrière. Au bout de quatre jours seulement, l’ex-ministre Pravin Gordhan, très apprécié par les marchés, avait été rappelé à ce poste.

Volte-face inattendue de Jacob Zuma

Pendant ses sept ans de mandat, Thuli Madonsela s’est illustrée par sa détermination à lutter contre la corruption au sommet de l’État et est devenue la bête noire du président Zuma. Ce dernier – qui accumule les scandales depuis sa prise de fonction en 2009 – avait tenté de bloquer, via les tribunaux, la publication de ce rapport. Puis, dans une volte-face inattendue ce mercredi, il a renoncé à son recours devant la justice pour empêcher la publication du rapport.

Dans la foulée, la Haute Cour de Pretoria, qui était saisie de l’affaire, a ordonné la publication immédiate du document, une décision à laquelle s’est soumis le bureau de la médiatrice.

Déclaration de l’ANC attendue jeudi

De son côté, le Congrès national africain (ANC) a annoncé qu’il examinait le rapport de la médiatrice sur l’influence qu’auraient exercée les trois hommes d’affaires de la famille Gupta dans la désignation de certains ministres. Le parti au pouvoir a précisé qu’il fera connaître jeudi sa position dans cette affaire.

Source: Jeune Afrique

Sénégal: une opposition timide lors des questions au gouvernement

Au Sénégal, le gouvernement a fait face jeudi 27 octobre aux questions des députés. Il s’agit d’une étape unique dans le calendrier politique. Les règles sont fixes : les questions sont connues à l’avance et les réponses ne doivent pas dépasser cinq minutes. Si l’opposition est virulente dans la presse et dans la rue, elle est restée plutôt en retrait dans l’hémicycle.

L’opposition allume une première mèche : celle du gaz. Elle accuse le gouvernement de ne pas défendre les intérêts du pays en matière d’énergie. « Ce qui règlemente l’exploration diffère de ce qui réglemente la production. Notre part, celle qui nous revient, est supérieure à la sienne », rétorque le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne.

Une question est posée sur le trafic de bois, notamment vers la Gambie. Le ministre de l’Environnement, Abdoulaye Baldé, rappelle que l’armée ratisse la zone. « Effectivement, le trafic est un problème majeur auquel le gouvernement apporte une réponse énergétique », précise-t-il.

Interrogé sur la volonté de l’Etat de cultiver du riz dans des zones sèches, le ministre de l’Agriculture, Abdoulaye Seck est catégorique : « Nous sommes en train de faire une révolution rizicole silencieuse, mais profonde. »

Les demandes d’autorisation de marches

L’opposition, par la voix de Mamadou Lamine Thiam, interpelle le gouvernement sur les interdictions de manifester. Mais Abdoulaye Daouda Diallo, ministre de l’Intérieur, sort ses statistiques. « Sur les 740 demandes d’autorisations de marches qui ont été formulées, il n’y a que 1,49% des demandes qui ont été rejetées. »

Après avoir listé de nombreuses réalisations, l’autoroute, des pistes, la sécurité, la croissance en hausse, le Premier ministre rappelle à tous les députés que le Sénégal va de l’avant : « Comme vous pouvez tous le constater, votre pays, le Sénégal est en chantier. »

Dans un hémicycle à moitié vide, le gouvernement, préparé à cet exercice, a donc fait face à une opposition bien timide.

Source: RFI

Transparence et technologies : l’Afrique francophone peut mieux faire

Cinq ans après ses débuts, le Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO), l’initiative internationale de promotion de la transparence de l’action publique et la gouvernance ouverte, notamment par le biais d’Internet et des technologies, n’a pas fait beaucoup d’adhérents en Afrique francophone : seules la Tunisie et la Côte d’Ivoire en font partie. Une situation que les organisateurs du quatrième sommet mondial du PGO, qui aura lieu du 7 au 9 décembre 2016 à Paris, entendent bien faire évoluer.

Si le Net en Afrique est surtout évoqué pour les censures dont il fait fréquemment l’objet, c’est qu’il peut constituer un levier puissant d’émancipation démocratique, comme l’ont montré les printemps arabes.

Et les initiatives africaines ne manquent pas : Al Bawsala (la boussole), le groupe de suivi des discussions parlementaires en Tunisie qui dissèque le processus législatif sur les réseaux sociaux ; BudgIT, un site nigérian de « data crunch » [collection et mise en ordre de données, ndlr] pour faire le suivi des dépenses publiques ; Ushahidi, le logiciel open source de suivi des crises popularisé par les violences post-électorales au Kenya en 2007 et 2008, devenu une référence planétaire…

Seules la Côte d’Ivoire et la Tunisie sont membres

Mais cette effervescence relative ne se ressent pas encore dans l’adhésion des pays africains francophones au PGO. L’initiative internationale inaugurée en septembre 2011 par huit pays fondateurs (Brésil, Indonésie, Mexique, Norvège, Philippines, Afrique du Sud, Royaume-Uni et États-Unis) compte désormais 70 membres, mais seulement deux pays d’Afrique francophone : la Tunisie et la Côte d’Ivoire.

Une performance que veulent améliorer les organisateurs du quatrième sommet mondial du PGO, qui aura lieu du 7 au 9 décembre 2016 à Paris, ont plaidé ces derniers mercredi dans la capitale française en amont de l’événement, pour lequel 3 000 participants sont attendus.

« Le Burkina Faso, le Bénin ou le Sénégal sont au seuil de l’admissibilité », a indiqué Pauline Carmona, la secrétaire générale du Sommet, indiquant qu’une des priorités de la diplomatie française — la France est co-présidente du PGO — est que davantage de pays d’Afrique francophone rejoignent l’initiative.

Pour parvenir à l’adhésion, les pays doivent avoir voté une loi garantissant l’accès à l’information publique, garantir la mise à disposition du public de documents relatifs à la dépense publique et la divulgation du revenu et des avoirs des élus, et favoriser l’engagement des citoyens dans l’action publique.

Le gouvernement ouvert, c’est comme l’open source dans le code informatique : chacun peut le vérifier, l’amender et l’améliorer

« Le gouvernement ouvert, c’est comme l’open source dans le code informatique : chacun peut le vérifier, l’amender et l’améliorer », dit Henri Verdier, directeur interministériel du numérique et du système d’information et de Communication de l’État, également associé à l’organisation du PGO.

Les pays adhérents s’astreignent ensuite à des plans d’action nationaux dont l’objectif est de faire progresser la transparence de l’action publique. Si les résolutions ne sont pas contraignantes, pour Pauline Carmona, elles restent « des actions publiques auxquelles s’engagent les États et dont ils sont ensuite comptables auprès des sociétés ».

L’Afrique francophone bien représentée à Paris

Le Kenya, la Tanzanie, le Malawi, l’Afrique du Sud, le Ghana, le Liberia et la Sierra Leone ont rejoint l’initiative et, pour certains, en sont à leur troisième plan. Et à Londres, le 11 mai, le président nigérian Muhammadu Buhari avait indiqué son intention de rejoindre le PGO.

Ceci dit, à Paris, en décembre, de nombreuses initiatives issues d’Afrique francophone seront représentées. Amane Guerfi Belaidi, la fondatrice de l’Open Gov Algeria Lab, l’agence de mise en relation entre gouvernants et gouvernés, Narcisse Mbunzama, un Congolais à l’origine de DRCongo Open Initiative, visant à l’ouverture des données en RDC, Jean Gervais Ayissi pour U-Report Cameroun, système de sondage par SMS permettant à chacun de donner son avis sur la participation des jeunes au débat public, sur l’éducation ou d’autres thèmes d’intérêt général, ou encore Maurice Thantan, qui dirige l’Association des blogueurs du Bénin.

Source: Jeune Afrique

La justice angolaise va examiner la nomination d’Isabel dos Santos à la tête de la Sonangol

La fille du président angolais dirige depuis juin la compagnie nationale du premier producteur de pétrole du continent africain.

La justice angolaise va examiner un recours contre la nomination par le président José Eduardo dos Santos de sa fille Isabel à la tête de la Sonangol, la compagnie pétrolière nationale, a affirmé, mardi 25 octobre, à l’AFP un porte-parole des plaignants.

« La Cour suprême a accepté notre recours, c’est une étape très importante. C’est la première fois qu’elle étudie une décision du président de la République », a indiqué David Mendès, porte-parole d’un groupe de douze juristes qui avait contesté la nomination d’Isabel dos Santos en juin.

« Membres de leur famille »

« La loi dit que les agents publics ne doivent pas nommer ou permettre la nomination de membres de leur famille », a ajouté M. Mendès, précisant que la Cour suprême avait donné « huit jours » au président et à sa fille pour répondre à ce recours.

Le chef de l’Etat ne devrait cependant pas se présenter en personne devant la justice, mais envoyer un représentant légal. « La Constitution de l’Angola est claire : le président ne doit pas rendre de comptes [directement] à la justice ou au Parlement pour des actions pendant son mandat », a assuré, sous couvert d’anonymat, un membre du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), le parti au pouvoir.

Isabel dos Santos, fille aînée du président angolais, a été nommée en juin à la tête de la Sonangol, la compagnie nationale du premier producteur de pétrole du continent. La compagnie est en proie à de sérieuses difficultés financières depuis la baisse des cours de l’or noir ces dernières années.

« La princesse »

Surnommée « la princesse », Isabel dos Santos est la femme la plus riche d’Afrique et la huitième fortune du continent, selon le magazine américain Forbes, avec un patrimoine estimé à 3,3 milliards de dollars.

Cette femme d’affaires de 43 ans et mère de trois enfants possède des parts dans plusieurs compagnies en Angola et au Portugal, notamment dans les secteurs bancaires et de la téléphonie mobile. Elle est accusée par ses détracteurs d’avoir fait fortune grâce à la protection de son père, qui dirige l’Angola depuis 1979.

Source: Jeune Afrique

La Gambie annonce à son tour vouloir se retirer de la CPI

 Le ministre de l’Information gambien a annoncé mardi que son pays allait se retirer de la Cour pénale internationale (CPI). Le pays imite ainsi l’Afrique du Sud et le Burundi, qui ont récemment annoncé leur retrait.

Dans une déclaration à la télévision nationale, mardi 25 octobre, le ministre de l’Information gambien, Sheriff Bojang, a accusé la CPI de « persécution envers les Africains », en particulier leurs dirigeants, alors que selon lui, au moins 30 pays occidentaux auraient commis des crimes de guerre depuis la création de cette juridiction sans être inquiétés.

« La Gambie a tenté en vain de convaincre la CPI de poursuivre les pays de l’Union européenne pour la mort de nombreux migrants africains en Méditerranée », a affirmé Sheriff Bojang, précisant que son pays avait menacé de prendre des mesures s’il n’était pas entendu.

« À partir de ce jour, mardi 24 octobre, nous ne sommes plus membres de la CPI et avons entamé le processus prescrit par le statut fondateur pour nous en retirer », a-t-il indiqué. Cette décision, qui intervient après les annonces de retrait de l’Afrique du Sud et du Burundi, peut être perçue comme un revers personnel pour la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, de nationalité gambienne, qui a été ministre de la Justice du président Yahya Jammeh.

Volte-face

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et le président de l’Assemblée des États parties au traité fondateur de la CPI, le ministre sénégalais de la Justice Sidiki Kaba, avaient appelé lundi 24 octobre les pays qui critiquent le fonctionnement de cette juridiction à ne pas s’en retirer, et à résoudre leurs différends par le dialogue avec les autres membres.

Dans une interview accordée en mai à Jeune Afrique, le président gambien s’était pourtant démarqué des critiques de ses pairs africains envers la CPI et sa procureure. « Son job est difficile et, contrairement à ce que j’entends, la CPI ne vise pas spécialement l’Afrique », avait-il dit au sujet de Fatou Bensouda.

« Les leaders africains râlent aujourd’hui. Mais pourquoi ont-ils signé [le traité ratifiant la CPI] en sachant qu’ils pouvaient en être victimes ?» avait souligné Yahya Jammeh. « Que ceux qui veulent quitter la CPI s’en aillent, mais si les pays africains étaient moins faibles et plus unis, nous pourrions peser au sein de la Cour. »

Source: Jeune Afrique

Dans quels pays africains la Cour pénale internationale mène-t-elle des enquêtes ?

Sur les neuf pays qui font l’objet d’une enquête par la Cour Pénale Internationale, huit sont africains. Une statistique qui nourrit les accusations de “chasse raciale” portées par l’Union africaine, dans un contexte tendu. Le Burundi et l’Afrique du Sud viennent en effet de se retirer de la CPI.

La Cour pénale internationale n’a pas bonne presse sur le continent africain. Difficile de le nier, après les retraits successifs du Burundi puis de l’Afrique du Sud du Statut de Rome − le traité qui a créé la CPI −, survenus ces derniers jours.

Ces décisions sont plus fortes politiquement que décisives juridiquement, mais elles ajoutent de l’eau au moulin de l’Union africaine. Celle-ci a récemment menacé la Cour d’un retrait collectif, et l’a accusée de mener sur le continent une « sorte de chasse raciale ».

Il faut dire que sur les neuf enquêtes ouvertes par la Cour pénale internationale, huit concernent des pays africains. En voici la liste.

RD Congo

Le chef rebelle Bosco Ntaganda est accusé de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis sous son commandement par les Forces patriotiques de libération du Congo en 2002 et 2003 en Ituri (province au nord-est du pays) dans un procès ouvert en septembre 2015.

L’ex-chef de milice congolais Thomas Lubanga a été condamné à 14 ans de prison en 2012, peine confirmée en appel, pour avoir utilisé des enfants-soldats durant la guerre civile dans la même province, en 2002 et 2003.

L’ex-chef de milice Mathieu Ngudjolo Chui a été acquitté en décembre 2012 pour l’attaque d’un village (Bogoro, à l’extrême est du pays), en 2003. Un autre ancien chef de milice, Germain Katanga, a été condamné le 23 mai 2014 à 12 ans de prison pour les mêmes faits.

Un mandat d’arrêt a été émis en juillet 2012 contre le chef des rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), Sylvestre Mudacumura, pour des crimes commis dans les Kivus (à l’est du pays) en 2009 et 2010.

Ouganda

En 2005, la CPI a émis des mandats d’arrêt contre Joseph Kony et d’autres hauts commandants de la rébellion de l’Armée de résistance du seigneur (LRA), notamment pour enrôlement d’enfants-soldats et esclavage sexuel entre 2002 et 2004.

L’un d’entre eux, Dominic Ongwen, s’est constitué prisonnier et a été transféré à la CPI. Son procès doit s’ouvrir le 6 décembre 2016.

Soudan

Outre le président soudanais Omar el-Béchir, cinq autres personnes sont poursuivies dans l’enquête menée au Darfour (à l’ouest du Soudan), déchiré depuis 2003 par une guerre civile qui a fait plus de 300 000 morts, selon l’ONU.

Omar el-Béchir fait l’objet de mandats d’arrêt datant de 2009 et 2010 pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide, mais il continue de voyager, principalement en Afrique, sans pour autant être inquiété.

En 2015, Pretoria avait provoqué une vive controverse en refusant d’exécuter le mandat d’arrêt contre Omar el-Béchir.

Kenya

La procureure avait dû abandonner en avril, faute de preuves suffisantes, ses poursuites contre le vice-président kényan William Ruto et le présentateur de radio Joshua Arap Sang, dont le procès pour crimes contre l’humanité commis pendant les violences post-électorales de 2007-2008 s’était ouvert en septembre 2013.

La CPI avait également prévu un procès contre le président Uhuru Kenyatta, mais le procureur avait finalement abandonné les poursuites pour les même raisons.

Côte d’Ivoire

Premier ex-chef d’État remis à la CPI, Laurent Gbagbo, est écroué à La Haye depuis le 30 novembre 2011. Son co-accusé, l’ex-chef de milice Charles Blé Goudé, est lui écroué depuis mars 2014.

Leur procès pour des crimes contre l’humanité, commis lors de violences post-électorales entre décembre 2010 et avril 2011, s’est ouvert le 28 janvier 2016.

Source : Jeune Afrique

Union africaine : Paul Kagame s’entoure d’une équipe de neuf experts pour réformer l’institution

Lors du 27e sommet de l’Union africaine en juillet, le président rwandais s’est vu confier la mission de réformer l’Union africaine afin de la rendre plus efficace. Il devra remettre ses conclusions lors du prochain sommet en janvier prochain.

Économistes, politiques, ou businessmen du continent : neuf personnalités africaines, des secteur public et privé, ont été désignées par le président rwandais Paul Kagame pour réfléchir à la réforme institutionnelle de l’Union africaine. Selon un communiqué officiel du bureau de la présidence en date du 18 octobre, ces neuf experts doivent se réunir le 31 octobre à Kigali.

L’économiste rwandais Donald Kaberuka, ancien président de la Banque africaine de développement (BAD) et ex-ministre des Finances, désormais professeur à la prestigieuse université américaine de Harvard, fait partie de cette équipe de recherche qui devra dépoussiérer l’institution. En janvier 2016, Donald Kaberuka avait été nommé à la tête du Fonds de la paix de l’Union africaine.

Paul Kagame a également sollicité un autre économiste de renom : le Bissau-guinéen Carlos Lopes, qui s’est récemment illustré par sa liberté de parole en qualifiant le franc CFA de « mécanisme désuet ». Fin septembre, il a par ailleurs démissionné de ses fonctions de secrétaire général adjoint de l’ONU et secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA).

Quatre femmes parmi les recrues

Parmi les autres recrues, on trouve aussi l’ancien gouverneur de la banque centrale d’Afrique du Sud, Tito Mboweni, mais aussi des personnalités du monde des affaires comme le magnat des télécoms zimbabwéen, Strive Masiyiwa, fondateur du groupe Econet Wireless et le Camerounais Acha Leke, associé principal du cabinet mondial Mc Kinsey&Co.

Quatre femmes ont également été désignées par Paul Kagame : l’actuelle ministre de l’Environnement du Nigéria, Amina J. Mohammed, mais aussi Cristina Duarte, l’ancienne ministre des Finances et du plan du Cap Vert, et Mariam Mahamat Nour, ministre de l’économie, du plan et de la coopération internationale au Tchad. Elle a notamment travaillé comme conseiller spécial du secrétaire général des Nations unies dans le cadre de la réunion de 2015 sur les objectifs du millénaire pour le développement.

Enfin, la Camerounaise Vera Songwe, qui dirige le bureau Afrique de l’Ouest et Afrique centrale de la Société financière internationale (IFC – filiale de la Banque mondiale consacrée au secteur privé, ndlr), vient compléter l’équipe.

Source : Jeune Afrique

Sénégal: le projet de réforme du Code électoral remis en cause sur quatre points majeurs

La commission technique a donné le rapport sur le code électoral au ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo, ce jeudi 20 octobre 2016. La commission, présidée par le gouverneur Amsata Sall, a soulevé quatre points sur lesquels il n’y a point d’accord. Des points que l’opposition considère comme étant des points majeurs.

  • Le premier point, c’est la refonte partielle du fichier électoral. Sur cette question, l’opposition estime que la confirmation et la radiation constituent des coups durs portés à la démocratie.
  • Le second point, c’est sur l’augmentation du nombre de députés à l’Assemblée Nationale, de 150 à 160 députés, avec un quota de 10 parlementaires issus de la diaspora. Sur ce point, l’opposition pense que ce quota doit être tiré des 150 députés actuels.
  • Le troisième point d’achoppement est le bulletin unique si cher à l’opposition et que le parti au pouvoir rejette. Les camarades de Déthié Fall, qui représentait l’opposition dans cette rencontre, ont rappelé qu’ils ont toujours dit qu’il est important d’instaurer dans ce pays le bulletin unique pour des raisons économiques.
  • Le mode de scrutin aux législatives constitue le quatrième et dernier point. L’opposition veut qu’on change le scrutin à un tour, communément appelé le «raw gadu», par un scrutin majoritaire à deux tours.

Ce sont ces quatre points sur les quatorze proposés qui constituent le blocage pour l’adoption du code électoral, explique le Président de la commission technique. Pouvoir et opposition discutent toujours afin de trouver un consensus avant les législatives.

Prenant la parole, le ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo, a réitéré son engagement et sa disposition à poursuivre le dialogue jusqu’à l’obtention d’un accord définitif.

Source : Seneweb

Burkina Faso: qui a mis sur écoute Djibril Bassolé?

Le juge d’instruction militaire burkinabé, François Yaméogo, chargé de l’enquête sur la tentative de coup d’État de septembre 2015, a adopté le 23 septembre une ordonnance demandant à Hermann Künzel, expert allemand en investigations acoustiques, officiant notamment auprès de la CPI, d’analyser les enregistrements téléphoniques mettant en cause l’ancien ministre Djibril Bassolé. Sont-ils authentiques ? Une étape primordiale dans l’affaire des écoutes qui mêlent Djibril Bassolé et l’actuel président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro. Mais d’où proviennent ces écoutes ? Qui les a réalisées ? Deux pistes semblent définitivement à écarter : les Burkinabés eux-mêmes et l’ambassade de France à Ouagadougou.

Plusieurs éléments forcent à s’interroger sur une implication de l’ambassadeur américain au Burkina, Tulibano Mushingi. Le juge Yaméogo du tribunal militaire a délivré une ordonnance aux fins d’authentification des conversations téléphoniques et l’expert allemand Hermann Künzel a 21 jours pour rendre son rapport, donc d’ici fin octobre, et qui peut-être confirmera le travail effectué par l’expert français mandaté par la défense de Djibril Bassolé.

Cet expert français, Norbert Pheulpin, a remis en cause l’intégrité des écoutes. Si Hermann Kunzel confirme, le dossier judiciaire de Bassolé est vide. Les fichiers sonores remis à l’expert allemand contenus dans une clef USB sont titrés en anglais, par exemple « Soro to Bassolé as at 22 heures 11 » ou bien on y lit la mention « MAJ », pour major au lieu de commandant.

Une source sécuritaire proche de Yacouba Isaac Zida, ancien Premier ministre de la transition, confirme l’implication des Américains. Mais pourquoi ? Par crainte d’un coup de main de jihadistes au putsch de Diendéré ? Par soutien aux autorités de la transition ?

Les relations entre Zida et Mushingi étaient étroites, un fervent évangélisme les unissait. Dans ce cas, il s’agirait d’un coup de main américain pour tuer politiquement Bassolé. Une source française affirme que l’ambassadeur américain a bien outrepassé son rôle. Contacté, un diplomate américain à Ouagadougou déclare : « nous ne sommes pas impliqués dans ces écoutes ». Mais Tulibano Mushingi reste actif. Il y a quelques jours, il a rendu visite à Djibril Bassolé dans sa prison. Pourquoi ?

Source : RFI

RD Congo : la CPI reconnaît Jean-Pierre Bemba coupable de subornation de témoins

L’ancien vice-Président congolais Jean-Pierre Bemba a été reconnu coupable d’atteinte à l’administration de la justice ce mercredi, par la Cour pénale internationale (CPI). Il était aux côtés de quatre autres accusés.

Il était accusé de subornation de témoins dans le cadre de son procès pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Selon l’accusation, huit témoins avaient admis avoir menti alors que deux d’entre eux ont été payés quelques heures avant d’embarquer à destination de La Haye, où se trouve la CPI.

« Il n’y a rien d’illégal à indemniser les témoins, l’accusation le fait tout le temps », avait alors répliqué l’avocate de Bemba, Melinda Taylor.

L’ancien chef militaire, ses avocats Aimé Kilolo et Jean-Jacques Mangenda, ainsi que Fidèle Babala, un député du parti Mouvement de Libération du Congo (MLC), étaient accusés d’avoir fabriqué ou présenté à la CPI de faux documents afin d’obtenir l’acquittement du chef de guerre. Un témoin de la défense, Narcisse Arido, était également poursuivi.

Ils ont tous été reconnus coupables « d’atteintes à l’administration de la justice ». Concrètement, cette atteinte se traduit par la « subornation intentionnelle de 14 témoins de la défense et de production intentionnelle de faux éléments de preuve », a précisé la Cour dans un communiqué peu après le rendu du jugement.

Condamné à 18 ans de prison

Reconnu coupable des crimes de guerre et crimes contre l’humanité en vertu du principe de « la responsabilité du commandant », Bemba avait été condamné à 18 ans de prison, une condamnation pour laquelle l’ancien vice-président congolais a depuis interjeté appel.

Source: Jeune Afrique